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 Pas de densification Pas de client

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tito



Messages : 133
Date d'inscription : 15/03/2008

MessageSujet: Pas de densification Pas de client   Lun 19 Avr - 11:20

Voici un article du sud ouest révélateur sur un des paradoxes bordelais:

On veut du commerce ou de la guinguette mais on veut pas de densification du bâti...et donc il n'y a pas de client et donc les commerces périclitent!

Au mois de septembre 2009, le nouveau centre-ville de Saint-Médard-en-Jalles était inauguré lors d'une grande fête. Un vieux quartier, pour partie insalubre, avait fait place en l'espace d'une dizaine d'années à une nouvelle voirie, une place, des immeubles d'habitation avec locaux commerciaux en rez-de-chaussée. Tout l'enjeu consistait à surmonter la nostalgie d'une époque révolue, à faire accepter les choix architecturaux, et à croire très fort en l'avenir de ce nouveau centre-ville.

Huit mois ont passé, et les signes extérieurs portent au désenchantement. Une belle boutique, face à la mairie, vient de fermer. Elle proposait un concept novateur de parfumerie basé sur le Net. Trop ambitieux, manifestement.

Dans quelques jours, à la fin de ce mois d'avril, la seule boutique alimentaire du nouveau centre, Côté saveurs, fermera ses portes. On peut évoquer, là encore, un positionnement haut de gamme. Sauf à dire que l'autre boutique Côté saveurs de Patrick Baudet, à Bordeaux Saint-Genès, se porte bien.

On dit que les Saint-Médardais sont aisés. Les commerçants s'interrogent alors, prompts à accuser la puissante galerie commerciale qui entoure l'hypermarché Leclerc, et l'apathie de la communication commerciale.
Une brasserie espérée

Alors que ces deux boutiques (plus un électricien) ferment moins d'un an après leur ouverture, une dizaine de pas-de-porte demeurent désespérément vides. La mairie espère qu'une brasserie installe ses tables sur la nouvelle place. Régulièrement, des pourparlers s'ébrui- tent, puis rien.

Se maintient dans le nouveau centre, un commerce de jouets en bois, de déco maison, de bijoux et accessoires, de prêt-à-porter et de chaussures. Plus une kyrielle de services : deux banques, un cabinet médical, un opticien, un audio-conseil, un coach management-bilan personnel, un huissier, et une pharmacie qui fait le lien entre l'ancien et le nouveau quartier.

La supérette Spar fait de même, à proximité du Carré des Jalles. De toute évidence, les services tirent mieux leur épingle du jeu que le commerce.
Loyers élevés

Reste à analyser la situation, au-delà de ce qui saute aux yeux. Isabelle Fauvet, qui est à la fois présidente du Club d'entreprises Portes du Médoc et propriétaire d'un fonds dans ce nouveau centre (elle y exerce une activité de coaching), propose un regard doublement perspicace.

« Les immeubles se sont construits à une période faste pour l'immobilier. Les prix étaient élevés et les promoteurs ont logiquement proposé des loyers à la mesure pour assurer leur retour sur investissement (1). Entre-temps, la crise et la morosité se sont installées. On focalise sur ce nouveau centre, mais des boutiques, de vêtements notamment, ont fermé dans le centre traditionnel. En fait, les commerces de luxe n'ont pas trouvé une clientèle suffisante au regard du poids des charges. »
« Trop haut de gamme »

Jacques Saint-Girons, élu en charge du commerce, admet qu'il y a eu un problème au début, avec l'usage fait des places de stationnement. La police municipale est intervenue pour décourager les voitures ventouses. Au-delà de cet épisode, l'élu constate « que les magasins qui s'installent ici sont positionnés haut de gamme dans une période où les budgets des gens ne vont pas au mieux ».

Mais de constater, pourtant, que d'autres commerces se portent bien non loin de là : la brasserie à côté de la mairie, le chocolatier voisin.
Un calcul fiscal

Pourquoi le prix des loyers ne baisse-t-il pas pour se rapprocher d'un équilibre ?

Isabelle Fauvet a une piste : « Pour de gros promoteurs, il est préférable d'afficher un déficit foncier dans leur fiscalité que de réduire les prix des loyers. Ils attendent que l'activité remonte. Mais ce n'est pas bon pour la dynamique du quartier et pour les commerçants qui restent. »

Pourtant, tout n'est pas noir dans ce nouvel urbanisme : le logement se porte bien. La raison, c'est que les appartements qui surmontent les boutiques sont proposés à des tarifs abordables, soit parce qu'il s'agit de logements sociaux, soit des logements aidés.

Du coup, les locataires n'ont rien à redire à cet habitat et au quartier. Pour autant ils n'ont pas nécessairement les moyens financiers de pousser la porte des belles boutiques.

(1) NDLR : entre 1 600 et 2 000 euros par mois pour 100 m².


On veut des baux élevés, mais on y amène pas la population suffisante pour consommer
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